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La pub de Huawei qui frôle le transhumanisme

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Les publicités se font parfois le reflet de tendances, massives ou émergentes, qui parcourent la société. L’année 2017 a été marquée par l’arrivée tonitruante de l’intelligence artificielle comme sujet médiatique et politique de premier plan, s’intégrant ainsi de plus en plus dans le débat public autant que dans les conversations privées. Il n’était qu’une question de temps avant que les marques appuient sur cette fascination nouvelle pour l’IA.

Une récente publicité de la marque chinoise Huawei met en scène son dernier smartphone en date comme étant « doté d’intelligence artificielle ». Il est vrai que la marque frappe fort en proposant l’un des premiers mobiles capables d’interpréter, comprendre et interagir avec l’utilisateur, pour s’adapter à l’utilisation qu’il fait de son appareil en fonction du contexte. Parmi les applications de cette IA : la traduction en temps réel – vous pouvez prendre en photo un panneau, un menu de restaurant, et le smartphone traduira. Si cette nouveauté peut séduire par son caractère innovant, pour l’instant cela ne bouleverse pas totalement l’expérience d’utilisation, se réduisant surtout à un aspect très gadget. Ce qui est sûr, c’est que cela semble être le point de départ d’une nouvelle génération de smartphones, qui mobilisera toujours plus l’IA.

A chaque nouvelle génération de technologies se crée une nouvelle façon de percevoir notre rapport aux technologies. En ce sens, un œil attentif à cette publicité permet de remarquer qu’elle est porteuse d’une philosophie proche du transhumanisme. Rappelons que les transhumanistes sont animés par l’idée d’une Singularité technologique prochaine qui signerait la dépassement de l’intelligence humaine par  l’intelligence artificielle, et à ce titre ils font la promotion d’une fusion entre les technologies et l’être humain, afin de « s’augmenter », d’être au niveau des intelligences artificielles.

La publicité commence par postuler « je suis ce que je fais ». Après avoir annoncé que le smartphone est doté d’une intelligence artificielle, la suite nous décrit les capacités qui en découlent : prédire, anticiper, apprendre. C’est à ce moment que l’on entend la voix off nous dire que le smartphone n’est pas artificiel, « il est humain » et il est « doué pour optimiser mes activités ». La fin est marquée par une redite de la première phrase : « je suis ce que je fais ».

Si ce texte ne peut sembler être qu’un sensationnalisme typique des effets de manche nécessaires à une publicité, il est loin d’être neutre, et véhicule en quelques phrases le principe d’une fusion entre l’IA et l’humain. S’il fallait lire le texte à la lettre, on pourrait facilement en déduire que le smartphone n’est pas un outil extérieur, mais qu’il est bel et bien intégré à nous.

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Marc Roux : « Vous pouvez trouver des interprétations du transhumanisme à travers n’importe quel filtre politique »

Entretien avec Marc Roux, porte-parole de « Technoprog », l’Association française transhumaniste.

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Dans le numéro 1 de notre revue, nous avons longuement évoqué, dans la quatrième partie, les aspects politiques du mouvement transhumaniste. Nous vous avons notamment proposé un entretien avec Mathieu Gosselin, porte-parole du TPUK, le Parti transhumaniste britannique. D’autres intervenants tels que Natacha Polony, Alain Damasio, Charles Stross, Raphaël Granier de Cassagnac et Mathieu Terence venaient alors contrebalancer cette approche avec des points de vue critiques, participant à une pluralité de visions sur le contenu et les conséquences de cette philosophie. Sur notre site internet, le débat se poursuit.

Au cours des café-débats et via les réseaux sociaux, de nombreux lecteurs et nombreuses lectrices nous ont demandé ce qu’il en est au sujet de la place du transhumanisme en France, chose assez peu abordée dans l’enquête. Il s’avère que, oui, il existe bel et bien une organisation transhumaniste dans l’hexagone : l’Association Française Transhumaniste, ou « Technoprog ». Dans l’interview qui va suivre, Marc Roux, porte-parole, nous en explique les particularités.

Quelle est la vision du transhumanisme défendue par Technoprog ?

Dans la nébuleuse transhumaniste, l’AFT se distingue parce qu’elle met au premier plan les questions sanitaires, environnementales et sociales. Association française transhumaniste, Technoprog se revendique entièrement comme transhumaniste, mais, comme l’indique son nom, elle se rattache plus particulièrement au courant que nous nommons « technoprogressiste ». Ce qui ne signifie pas qu’elle souhaite le progrès technique à tout prix mais qu’elle rappelle que nous devons nous appuyer aussi sur la technique si nous voulons aller vers un progrès qui n’a de sens que lorsqu’il est un progrès humain.

En quoi se distingue-t-elle éventuellement des autres approches transhumanistes ?

La pensée transhumaniste est perpendiculaire à la pensée socio-politique traditionnelle. Ceci signifie que vous pouvez trouver des interprétations du transhumanisme à travers n’importe quel filtre politique. Les progressistes, par définition, rejettent les interprétations conservatrices et d’extrême-droite, mais ils se différencient également du courant libertarien qui a sans doute influencé le mouvement à ses débuts. Plus concrètement, ils estiment que notre évolution transhumaniste devra être régulée, qu’elle devra respecter la solidarité sociale, et que, pour cela, un investissement important des institutions publiques est déjà nécessaire.

Le transhumanisme est-il différent de l’eugénisme, l’une des grandes inquiétudes souvent évoquées concernant ce mouvement ?

La différence principale réside peut-être dans le fait que le mouvement transhumaniste démocratique contemporain trouve l’une de ses valeurs centrales dans la liberté individuelle de disposer de son corps. Il n’y a donc aucune visée globalisante, aucune prétention à dire par avance si une évolution biologique donnée serait valable pour tout le monde. Il n’y a pas de politique transhumaniste prévoyant un programme eugéniste. Par exemple, des pratiques totalitaires se référant au transhumanisme entreraient en contradiction complète avec les valeurs affirmées par les promoteurs du mouvement international depuis sa fondation. L’objectif n’est pas d’abord d’améliorer l’espèce humaine dans son ensemble mais d’élargir le champ des possibles et les choix accessibles pour le plus grand nombre.

Quels sont selon vous les enjeux sociaux et politiques que pose le transhumanisme ? Quel modèle de société ce mouvement peut-il apporter ?

Le transhumanisme n’est d’abord que la traduction de la prise de conscience que nous sommes maintenant en mesure d’orienter délibérément notre évolution biologique, individuellement et collectivement. Il n’est pas porteur d’un projet de société particulier a priori. Ce sont des choix politiques qui nous orienteront sur l’une ou l’autre des perspectives qu’il ouvre.

Cela dit, s’appuyant sur des technologies susceptibles de bouleverser nos sociétés, il pose des questions existentielles, et parfois vertigineuses. Il est difficile de toutes les énumérer. Je ne vais en citer que quelques unes et n’en développer brièvement que trois :

  • Ces technologies seront-elles accessibles à tous ? Au plus grand nombre, ou seront-elles réservées à quelques uns ? Les technoprogressistes souhaitent rendre possible leur accès à tous ceux qui le souhaiteront. Comment y parvenir ? Cela serait-il envisageable d’emblée ou progressivement ? À quelle vitesse ? etc.
  • Tous les transhumanistes considèrent comme souhaitable un allongement considérable de la durée de vie en bonne santé, une victoire même sur la maladie et le vieillissement (ou amortalité), voire la possibilité d’un rajeunissement. Une telle évolution devrait avoir pour conséquence à long terme une baisse généralisée de la démographie mondiale ainsi qu’une baisse de la part des plus jeunes en âge dans la population. Ce mouvement démographique poursuivrait celui déjà engagé dans les pays les plus industrialisés depuis plus d’un siècle. Il aurait pour effet un renouvellement des génération encore plus lent. Les conséquence sociales et politiques d’une telle évolution pourraient être aussi nombreuses et importantes que toutes celles qui ont eu lieu aux XIXe et XXe siècle, alors que nos populations voyaient leur espérance de vie à la naissance être multipliée par trois et la part des jeunes passer de 50% à 25%.
  • Notre rapport à la procréation devrait être considérablement modifié. Parallèlement à la procréation sexuée essentiellement aléatoire, des techniques d’assistance sont en train d’être développées qui pourraient déboucher sur un processus qui relèverait davantage de la création, non sexuée, au cours duquel la part du hasard serait progressivement atténuée. Dans ce contexte, le concept de famille pourrait être entièrement déconnecté de celui de relation sexuelle ou de couple. Par ailleurs, les choix et la responsabilité des futurs parents et des institutions médicales s’exerceraient dès les premiers instants de la vie embryonnaire, voire même auparavant, au niveau des gamètes.
  • Je n’ai pas le temps d’approfondir davantage ici, mais nous pouvons également parler : d’un bouleversement de notre rapport au travail et à l’Éducation ; d’une évolution du rapport entre les genres ; d’une évolution du rapport aux animaux ; au-delà encore, pour quoi pas de la reconnaissance de certaines IAG comme personnes dignes de droit, ou de la place de futurs cyborgs, ce qui provoquerait un décentrage de l’humain et du biologique comme seul vecteur de pensée consciente digne d’être « sacralisée ».

Se dire que cette liste n’est pas exhaustive donne une idée de l’ampleur du vertige…

Natasha Vita-More (pionnière du mouvement, ndlr) nous a affirmé que le transhumanisme est très peu présent en France, ou alors pour être critiqué, car cette philosophie est assez incompatible avec l’histoire intellectuelle du pays. Êtes-vous d’accord ? Quelle est la place du transhumanisme en France aujourd’hui ?

Le nombre relatif des membres électeurs et les taux de participation aux élections internes de l’association transhumaniste française n’ont aujourd’hui rien a envier à ce qui se passe aux États-Unis. Les deux restent en fait modestes. Ce qui paraît différent, c’est la possibilité d’afficher ouvertement des positions transhumanistes. Si vous vous situez au coeur de la Silicon Valley, cela semble une évidence. Dans les couloirs d’une université française, cela peut sérieusement mettre à mal votre position ou votre carrière. Mais la faute en revient à la présentation caricaturale et fantasmatique du transhumanisme qui est encore trop souvent véhiculée par de nombreux médias et par les critiques « avec vue » qui sont majoritairement des opposants au mouvement.

Mon sentiment est que nous nous trouvons au milieu d’une double contradiction. D’une part nos scientifiques se défendent de s’inscrire dans une logique transhumaniste, mais ils participent à l’élite mondiale de ceux qui développent l’Intelligence Artificielle, la biologie de synthèse, le génie génétique, les prothèses et les implants permettant une interface humain-machine, la robotique, etc. Or, toutes ces technologies renforcent la logique transhumaniste. D’autre part, si le discours médiatique est encore dominé par un courant critique bioconservateur, diverses études sociologiques et enquêtes d’opinion tendent à montrer que la population française serait majoritairement en faveur de plusieurs propositions transhumanistes essentielles. À commencer par l’idée que la médecine ne doit plus seulement réparer mais qu’elle doit aussi aider ceux des bien-portants qui le souhaitent à améliorer leur condition biologique. (Note : Voyez le rapport du CREDOC de 2014 sur les nouvelles technologies, l’enquête de La Croix de 2017, ou celle de OpinionWay pour Swiss Assurances.) Enfin, il me semble que la compréhension réelle et la validation des arguments du transhumanisme sont en progression au sein des cercles dirigeants.

Pour conclure, je rappellerais la théorie de Schopenhauer sur la manière dont nous accueillons les idées émergentes : d’abord on les ignore, ensuite on les combats avec la dernière énergie, enfin on prétend qu’on les a toujours défendues. Et Schopenhauer n’appartient pas à l’histoire intellectuelle française.



ANTICIPATION, LA REVUE. Découvrez notre enquête sur le transhumanisme : « la science va-t-elle modifier l’espèce ? » dans notre numéro 1 disponible en librairies.

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Thomas Turner : l’humanité augmentée à travers le filtre de l’intime

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Et si les technologies s’infiltraient jusque dans notre sphère la plus intime pour refaçonner nos corps et nos désirs ? Quel érotisme dans une société transhumaniste ? Voici quelques questionnements qui traversent la collection Meta Humanis du sculpteur Thomas Turner. Rencontre avec cet artiste dont l’œuvre ondoie à la frontière de la chaire et du métal, du technologique et de l’érotique.

Qu’est-ce que Meta-humanis ?

C’est une proposition artistique de ce que pourrait devenir une Humanité, futuriste et technologique, à travers le filtre de l’intime. C’est une recherche « transcendée » qui propose une sensualité mécanisée reprenant une esthétique résolument charnelle. Nous sommes ici entre l’abstraction et l’anthropomorphisme, c’est une frontière passionnante en ce qu’elle a de paradoxale et de dérangeante.

C’est un travail sur l’impudeur et sur l’inavoué. Pour le décrire simplement, je re-design et je stylise des organes (sexuels pour la plupart) en acier inoxydable : des utérus, des vulves, des vagins, des pénis, des coïts et des plaisirs entremêlés !

À travers vos œuvres vous interrogez donc l’évolution future du corps humain ?

De nos corps, mais surtout de nos pulsions. Dans un environnement où la chaire sera immanquablement assistée, chimiquement, génétiquement ou mécaniquement, quels seront les nouveaux critères pour motiver nos désirs ? Seront-ils, eux aussi, « augmentés » ? Ces transformations auront lieu, inévitablement, alors quid de nos fantasmes ? Les sélections amoureuses et charnelles suivront-elles nos évolutions technologiques et esthétiques ?

Nous sommes à l’aube de quelque chose de nouveau qui aura un impact direct sur nos corps… Ce n’est pas seulement une évolution technologique, sociale et politique. C’est à mon sens beaucoup plus intime.

Quelle place pour la technologie dans l’intime ?

De tout temps, le sexe est aux avant-posts des technologies émergentes. Dès son apparition, la photo fut utilisée pour faire des clichés érotiques que l’on se refilait sous le manteau. Idem pour le cinéma dont les premiers consommateurs étaient les clients des maisons closes qui proposaient ce spectacle d’un genre nouveau ! Même chose avec les images en reliefs, la 3D, les réseaux, la réalité virtuelle… Nous voyons apparaître aujourd’hui des sextoys mécanisés ou connectés, des robots sexuels seront à disposition sous peu… Et l’intelligence artificielle est dans les starting-blocks sur le sujet ! Quoiqu’on en pense et en dehors de toute analyse morale de la chose, cela vient indubitablement à nous.

Meta Humanis signifie « Au-delà de l’humain ». Pourquoi avoir décidé de traiter la question du transhumanisme au travers de la question du désir et de l’intime ?

Car le sujet de la sexualité, et particulièrement celui de la jouissance, sera essentiel dans le transhumanisme. Ces questions sont liées de façon très étroites. Nous vivons dans une vertigineuse angoisse de mort. Techniquement, le vivant a trouvé une solution à travers la reproduction, comme la promesse d’une éternité par procuration.

Pour l’humain, spécifiquement, cette « réponse » passe aussi par le désir, la sexualité et la jouissance. C’est une « diversion » très satisfaisante pour la plupart d’entre nous. Le transhumanisme, en se proposant d’allonger et de rendre la vie plus confortable, est une des réponses à cette peur ancestrale et primitive. La question intéressante est de savoir quelle sera notre libido si nous parvenons à devenir des êtres éternels ? Deviendra-t-elle obsolète ? Aurons-nous encore le désir de jouir ?

Une des critiques adressées au transhumanisme est qu’en modifiant nos corps, nous risquons de perdre notre capacité de ressentir. Pensez-vous au contraire que le transhumanisme peut-être érotique et sensuel ?

Non seulement, il le sera, mais en amplifiant nos perceptions, il démultipliera nos désirs et nos fantasmes. Ce sera même sa vocation première et ne pas le comprendre, c’est passer à côté du sujet. Je pense qu’un de ses buts est de nous submerger de toujours plus de plaisirs, d’orgasmes et d’extases, car nous sommes là toujours dans la diversion. Alors bien sûr, les sensations telles qu’on les vit actuellement paraîtront bien fades et très vite sans intérêt. C’est précisément ce qui rendra cette évolution irréversible et notamment au niveau de l’érotisme et du plaisir. D’un autre coté, le mot d’ordre du transhumanisme est « efficacité »… Ce terme est-il compatible avec le sensible ? Aurons-nous des pulsions efficaces ? Une sexualité efficace ? Les peurs qu’engendre le transhumanisme sont tout à fait légitimes.

Même si ce mouvement a pour genèse un élan humaniste, force est de constater que l’homme ne s’est pas toujours servi de ses outils pour le bien collectif… Je suis personnellement assez pessimiste sur l’éthique sociale qui peut en découler, mais réfléchir à cette mutation par le biais de l’érotisme permet d’en garder l’aspect humain, même si ces réflexions se composent en grande partie de paradoxe et d’ironie ! Là en est tout l’intérêt, d’ailleurs…

Quelle serait la place de l’art dans un monde transhumain ?

J’allais répondre exactement la même place qu’il a dans notre monde actuel… mais cette réponse est précipitée et incomplète. Penchons-nous tout d’abord sur la définition de l’Art, telle que présentée dans les dictionnaires. Elle spécifie : « Toutes créations destinées à produire chez l’Homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique ». Cette définition a le mérite d’être « efficace » pour décrire une chose si abstraite et insaisissable. Elle nous apprend aussi que l’Art est lié à la perception humaine, tout à fait subjectivement. On peut alors légitimement penser que tant qu’il y aura de l’Humain, il y aura de l’Art…

Ensuite, il n’y a pas de question sur l’Art sans question sur l’artiste, et nous touchons là à la problématique de l’intention. On peut se demander si une œuvre peut être créée par autre chose qu’un humain ? Pour moi, il est le reflet de notre regard et c’est en ce sens qu’une machine seule ne pourra jamais créer quoique ce soit d' »artistique ». Je n’y crois pas, et la preuve en est que les nombreuses expériences qui tendent à me contredire ont toute été initiées par des humains ! Il ne faut pas confondre l’inspiration et l’outil (même si ce dernier est autonome). Une intelligence artificielle peut copier, faire du « à façon », créer de l’aléatoire, mais quelqu’un lui a demander de le faire. Et cela change tout. Elle ne sera jamais d’elle-même passionnée, obsédée, dérangée, frustrée, angoissée, jalouse… Bref, subjective.

Une machine destinée à assembler une auto ne pourra pas « décider » de tout plaquer pour se mettre à peindre ou à écrire une symphonie ?! La machine tend à la perfection et donc à la stabilité… Tout le contraire, à mon avis, de l’humain. Rappelons-nous alors ces mots empruntés aux surréalistes à propos de leur mouvement et qui résume bien la profondeur des abysses de l’âme humaine : « L’art doit être une création libérée du contrôle de la raison, un automatisme psychique pur »… La raison étant la seule chose pouvant émaner de la machine et le psychisme étant la chose dont l’absence la définit le mieux.

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