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4 écrivains de SF à découvrir si Love, Death + Robots vous a passionné

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La science-fiction semble de plus en plus à l’honneur sur Netflix, ce qui se confirme par l’arrivée de l’anthologie à succès Love, Death + Robots, pilotée par les deux grandes figures du cinéma que sont David Fincher et Tim Miller. Cette série de court-métrages d’animation met en scène 18 petites histoires, aux scénarios souvent emprunts de SF, d’uchronie, voire d’un peu de fantastique.

La plupart de ces épisodes sont l’adaptation de nouvelles écrites par des écrivains reconnus en littératures de l’imaginaire. Voici quatre d’entre eux, dont les œuvres majeures ont été traduites en français.

Ken Liu

L’un des meilleurs épisodes de l’anthologie, Bonne chasse, provient d’une nouvelle signée Ken Liu. Il nous emmène au début du XXe siècle pour suivre le parcours d’une créature huli jing, personnage traditionnel des contes chinois. Cette femme renarde est chassée par les hommes, à l’image de toute son espèce. En cause? Leur capacité à se transformer en humaine « séduisante ».

Face à un monde qui s’industrialise et qui perd en magie, elle va rester bloquée dans sa version humaine. Grâce à l’aide d’un ami, et motivée par la cruauté des hommes, elle va utiliser les nouvelles technologies émergentes pour redevenir la créature renarde qu’elle était… mais en version robotique.

Pour une bonne dose d’histoires écrites par Ken Liu et dans la veine de cet épisode, l’idéal est de se tourner vers son recueil de nouvelles, La ménagerie de papier (Folio SF). Vous y trouverez de tous les genres, du plus poétique au plus effrayant, en passant par des expériences franchement bizarres. Ken Liu est capable de faire des miracles avec une nouvelle de seulement deux pages.

Après ce recueil, vous ne résisterez probablement pas à enchaîner avec l’étonnant L’homme qui mis fin à l’histoire, un roman court de seulement 100 pages.

Ken Liu, L’homme qui mit fin à l’histoire. Le Bélial.

A travers le principe d’une machine à voyager dans le temps qui permet de se rendre une seule fois à une seule époque donnée sans pouvoir agir sur les événements, Ken Liu dénonce les crimes de guerre commis par le Japon entre 1936 et 1945. Ne vous attendez pas à une narration classique : il s’agit en fait d’une sorte de reportage fictif, construit comme une succession de témoignages, documents, interviews.

John Scalzi

Pas moins de deux épisodes de l’anthologie proviennent quant à eux des idées de John Scalzi : Les Trois Robots (trois compagnons robotiques qui philosophent – ou divaguent – en voyageant dans un environnement post-apocalyptique) et Histoires Alternatives (Hitler meurt de plusieurs façons différentes ce qui crée une nouvelle uchronie à chaque fois).

Scalzi est très aimé par les lecteurs et lectrices de SF, en témoigne le succès de son blog Whatever. Si les folles idées conceptuelles amenant plein de questionnements humains vous font vibrer, alors vous adorerez Les Enfermés, publié chez L’Atalante. Suite à un virus ayant provoqué des millions de morts, certains survivants ont développé un étrange syndrome : ils sont bien vivants, conscients, mais prisonniers de leur propre corps. Pour se déplacer et continuer à vivre plus ou moins normalement, ils vont devoir incarner leur conscience dans des androïdes, qu’ils contrôlent alors via des implants biotechnologiques.

John Scalzi, Les Enfermés. L’Atalante

Son œuvre la plus connue, avant Les Enfermés, est incontestablement Le Vieil Homme et la Guerre. Dans un univers où les humains possèdent des colonies spatiales sur plusieurs planètes et sont en conflit avec diverses races extra-terrestres, nous suivons un homme de 75 ans qui s’engage les forces coloniales de défense. Ce récit est réputé pour être particulièrement emprunt de violence, mais au service d’une réflexion éthique sur ce sujet.

L’Atalante publie par ailleurs ce mois-ci un nouveau roman de John Scalzi, « L’interdépendance« , space opera qui s’annonce vertigineux.

Alastair Reynolds

S’il y a bien un épisode qui a fait son petit effet chez les internautes, c’est Derrière la faille. La direction artistique sublime de réalisme autant que le « twist » final ont eu un franc succès. L’histoire est signée Alastair Reynolds, tout comme L’Oeuvre de Zima.

Cet écrivain britannique est l’un des piliers de la hard science-fiction (très fidèle scientifiquement, y compris dans son vocabulaire). Il est principalement connu pour son cycle des Inhibiteurs : au 26e siècle, l’humanité s’est répandue aux quatre coins de l’espace et s’est « augmentée » de la tête au pied à l’aide des technologies (implants, prothèses cyborg, longévité accrue…).

Dans ce futur, une question reste toutefois non résolue : Existe-t-il d’autres vies intelligentes dans l’Univers ? La réponse sera la rencontre fortuite avec des machines conscientes vieilles de centaines de milliers d’années. Malheureusement, cette espèce-là s’avère menaçante envers toute forme de vie.

Alastair Reynolds, L’espace de la révélation. Pocket

Son autre cycle notable, Les Enfants de Poséidon, s’ancre dans un contexte afro-futuriste. L’Afrique est devenue l’épicentre planétaire des innovations technologiques et de la conquête spatiale. Nous découvrons ce futur à travers une multitude d’intrigues politiques et familiales passionnantes.

Peter F. Hamilton

Terminons cette sélection avec le tout premier épisode de l’anthologie, L’Avantage de Sonnie. Dans une atmosphère visuelle assez époustouflante, une femme mène des combats de gladiateurs à travers le corps d’un monstre. Le scénario est adapté d’une nouvelle de l’écrivain britannique Peter F. Hamilton.

Parler de la bibliographie de cet auteur est une tâche difficile tant elle est épaisse. Sa particularité majeure est surtout d’avoir construit un univers futuriste très cohérent basé autour de l’idée d’un Commonwealth spatial.

Cette saga nous embarque au 24e siècle à la rencontre d’une humanité ayant colonisé des centaines de planète, reliées par des trous de ver. Une forme de paix politique est possible grâce à ce fameux Commonwealth. Mais la disparition soudaine et inexpliquée d’une étoile, dans l’espace lointain, va mobiliser la création d’un vaisseau spatial capable de voyager en vitesse supra-luminique, pour se rendre sur place et en savoir plus. Le premier tome est publié en France chez Bragelonne, sous le titre L’Étoile de Pandore : Pandore abusée, et c’est probablement par là qu’il faut démarrer la découverte de cet écrivain.

Peter F. Hamilton, Pandore abusée. Bragelonne

On regretta tout de même que Love, Death + Robots ne mette pas davantage en valeur des nouvelles écrites par des femmes. Les possibilités ne manquent pas, ne serait-ce que du côté de Nancy Kress ou Ursula Le Guin. Peut-être pour une saison 2 ?

La saison 1 de Love, Death + Robots est disponible sur Netflix depuis le 15 mars 2019.

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Vidéo : Arthur C. Clarke prédisait les grands principes d’Internet dès 1974

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Le World Wide Web a trente ans ce 12 mars 2019. L’écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke envisageait dès 1974 notre utilisation actuelle des ordinateurs, avec Internet (le support) et surtout le Web (le réseau d’informations utilisé). Voici la vidéo, que nous vous avons sous-titré en français pour l’occasion ! Cette interview a été diffusée en 1974 dans l’émission scientifique « Perspective » sur la chaîne australienne ABC.

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La technologie est-elle providentielle ? Olga Lossky explore cette question dans « Risque Zéro »

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La plume d’ange : puce électronique implantée sous la peau pour analyser en continue la santé de son utilisateur, fournissant ainsi un rapport détaillé sur les meilleures réponses possibles à tous les besoins biologiques. Temps de sommeil, durée et contenu des repas, tout est dicté au millimètre par cette puce. Tel est le système qui s’est généralisé dans Risque Zéro, un roman d’anticipation signé Olga Lossky, chez Denoël. Et, comme le nom de l’ouvrage l’indique, dans ce futur placé en 2040, l’objectif d’un tel service est l’absence totale de la moindre prise de risque. Mais quel est le prix de cette perfection… est-elle ne serait-ce qu’humaine ?

La société que décrit Olga Lossky est une sorte de cocon protecteur, où rien ne doit ni ne peut jamais être laissé au hasard. Tout est calculé, surveillé, contrôlé pour éviter le moindre danger. Ce système s’appuie évidemment entièrement sur les nouvelles technologies. A cette image, la médecine numérique s’est généralisée, et les voitures sont entièrement autonomes.

La fameuse puce sous-cutanée citée précédemment est proposée par une entreprise judicieusement nommée Providence, à laquelle il faut évidemment être adhérent pour bénéficier des services proposés. Avec ce monde futuriste (pas si éloigné du nôtre), Olga Lossky imagine finalement que l’État-Providence est remplacé par une sorte de Technologie-Providence, un système où les technologies sont perçues par les citoyens comme la meilleure réponse à tous leurs besoins, toutes leurs craintes. D’ailleurs, symbole de ce « glissement » de légitimité : les hôpitaux privés, disposant de médecine technologique dictée par les algorithmes, ont largement plus la côte que les hôpitaux publics, en voie de disparition.

Vie d’une famille au cœur de cette société du risque zéro

En soi, le futur imaginé dans Risque Zéro a déjà été traité dans nombre d’ouvrages de science-fiction. Pourtant, Olga Lossky a réussi à proposer quelque chose d’original sur ce sujet, et cela tient non seulement à son approche narrative qu’à son excellente écriture.

La romancière s’intéresse au fond assez peu à la dimension technologique d’une telle société, et ne cherche pas à être dans un discours politique (on peut même estimer que classer le roman en dystopie ou non ne tient qu’aux yeux que les lecteurs portent dessus). Elle a choisi d’opter pour une vision totalement humaine, quasi ontologique, d’un tel « Big Brother providentiel ». Elle se penche ainsi sur l’impact que cela peut avoir sur une vie quotidienne parmi d’autres et, pour ce faire, ses protagonistes sont ancrés dans le parcours d’une seule et même famille, dont on suit le parcours face aux conséquences du système de risque zéro mis en place dans ce futur.

Nous découvrons d’abord Agnès. Réfractaire à l’évolution technologique que prend la société, elle exerce comme anesthésiste dans un hôpital public, l’un des derniers lieux où le numérique ne contrôle pas tout. C’est alors qu’une patiente, adhérente au programme de l’entreprise Providence, décède sur la table d’opération. Face à l’opinion publique, Agnès est immédiatement considérée comme étant coupable de négligence. Dans le doute, elle est placée en garde à vue. Prouver qu’elle a agi comme il le fallait, et que ce décès était inévitable, ne va pas être une mince affaire. Les choses se compliquent encore plus lorsqu’on apprend que son mari, Victorien, travaille pour Providence.

Les désaccords entre les deux époux, que l’on suit à niveau égal et qui n’ont pas la même vision du monde, sont un peu comme une double incarnation de l’état d’esprit du lecteur face à la société décrite par Olga Lossky : d’un côté, on se dit forcément que si les technologies permettent d’éviter des dangers inutiles, voilà une chose positive donc pourquoi pas ; mais en même temps, un quotidien entièrement régi par ces technologies, dénué d’actes purement humains, a tendance à être terrifiant.

Pour s’éloigner de toute l’agitation médiatique et face à un énième désaccord avec son conjoint, Agnès ira jusqu’à partir du domicile familial, avec les enfants, pour s’installer chez ses parents… ultra-religieux et encore plus réfractaires qu’elle au numérique. Chaque membre de cette famille, et chaque génération, apporte un point de vue sur cette société futuriste.

En mettant de côté les aspects les plus techniques pour se concentrer sur les sentiments et la vie quotidienne, Olga Lossky explore les innovations à travers l’impact profond qu’elles peuvent avoir sur nous concernant tout ce à quoi l’on tient le plus dans la vie : nos proches, notre santé, notre métier. Une approche humaniste et familiale, qui bénéficie en plus de qualités littéraires indéniables : l’écriture est douce, fluide, servant une narration impeccable.


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